Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

La Direction générale du travail vient de rendre son rapport pour 2010 et le constat est sans appel : les déclarations d’accidents du travail et de maladies professionnelles a singulièrement augmenté ce, malgré l’ensemble des mesures prises depuis plusieurs années en matière de prévention (formation, accords obligatoires etc…).

Le détail de ce rapport nous donne une image contrastée de la maladie au travail.

D’un côté, une baisse des cas les plus graves est à relever : baisse des décès consécutifs à un accident du travail (-1,7% entre 2009 et 2010), baisse du nombre de cancers indemnisés (de 3,1% entre 2009 et 2010) –les cancers dus à l’amiante étant encore très largement majoritaires.

D’un autre, une stabilité de l’indice de fréquence des accidents du travail : 36 pour 1000.

Enfin, une hausse des accidents du travail (+1,1%), des journées indemnisées (+1,4%), des maladies professionnelles (+2,7%) et du coût des maladies professionnelles (+6,2%).

Les accidents et maladies semblent donc moins graves mais sont plus nombreux et pèsent davantage sur les comptes de la sécurité sociale.

Relevons encore que les accidents routiers de travail (qui deviendront pour les juristes des accidents de travail ou de trajet) ont augmenté de 0,6% alors que dans le même temps la sécurité routière constatait une baisse généralisée de tous ses indicateurs (nombre d’accidents corporels (–6,8 %), nombre de personnes blessées (–7,3 %), nombre de personnes hospitalisées (– 9 %), nombre de personnes tuées (– 6,1 %) - http://www.securite-routiere.gouv.fr/IMG/pdf/Bilan_annee_2010_DSCR-O_cle081c12.pdf). Les salariés-conducteurs prendraient-ils trop de risque ?

Relevons également que les troubles musculo-squelettiques (TMS) ont concerné 85,3 % de l’ensemble des maladies professionnelles reconnues et connaissent une augmentation de 5,1 % par rapport à 2009. Le mal de dos « mal du siècle » continue donc à monopoliser les maladies professionnelles. D’évidence, l’ergonomie au travail devrait être davantage prise en compte.

Ce chiffre révèle aussi que les atteintes psychologiques ne ressortent pas encore à un niveau significatif. Elles seront à n’en pas douter les principales « actrices » des bilans des années futures et laissent augurer une augmentation du coût des maladies professionnelles notamment compte tenu de la durée de leur prise en charge.

Enfin, ce bilan contrasté démontre une véritable libération de la déclaration d’accident du travail ou de la maladie professionnelle, mieux indemnisés, mieux protégés contre le licenciement, les salariés hésitent de moins en moins à se déclarer.

Cf. http://travail-emploi.gouv.fr/IMG/pdf/Blians_et_rapport_-_conditions_de_travail_-_Bilan_2011.pdf
Tag(s) : #Accident du Travail