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Le manque de médecins (généraliste ou spécialiste) dans certaines régions est criant obligeant l’Etat ou les collectivités locales à multiplier les incitations à l’installation de jeunes praticiens.

Ce constat pour la médecine dite de ville est plus général et global pour la médecine du travail et le mouvement s’accélère.

En 211, on estimait à 18 millions le nombre de visites médicales non réalisées. Les perspectives étaient très sombres puisque 50% des médecins du travail avait plus de 55 ans et que la moitié serait donc à la retraite en 2020.

La DGT vient de fournir ses derniers chiffres :

- Diminution du nombre de services de santé au travail (848 au 01/01/2012 au lieu de 865 au 01/01/2011) ;

- (plus grave) diminution du nombre de médecins en équivalent temps plein : 5547 au 01/01/2012 au lieu de 6153 au 01/01/2011 (baisse de 9,85% !) et 7359 au 01/01/2004 ;

- effectifs suivis réduits de 3% (15.674.100 au lieu de 16.075.600 un an plus tôt).

Ces diminutions se font nécessairement au détriment de la quantité et de la qualité des visites.

Le médecin du travail est un acteur majeur tant de notre droit de la sécurité sociale que de notre droit du travail et il est à craindre qu’il ne puisse plus exercer ses attributions sans de graves conséquences.

Que l’on songe que le médecin du travail et les services de santé au travail doivent devant un cas d’inaptitude éventuel, étudier le poste de travail occupé par le salarié, examiner les différentes tâches à accomplir dans l’entreprise pour préconiser une aptitude conditionnée ou un reclassement. Beaucoup de professionnels se plaignent de "l’absence" des médecins du travail (manque d’effectif, de temps etc.) pour procéder à ces études et examens. Qu’en sera-t-il demain ? Seules 13,2% des entreprises suivies ont été visitées… Et nous pourrions multiplier les exemples (actions de prévention des RPS, visites médicales d’embauche dans les délais etc.).

La réforme intervenue en 2012 est déjà insuffisante.

Que faire ?

- Transférer les nouvelles tâches vers d’autres acteurs médicaux et paramédicaux (est ce médicalement possible ?)

- Diminuer les attributions (est ce souhaitable ?)

- Donner envie aux étudiants en médecine de s’orienter vers cette filière (est-ce intellectuellement et attractivement faisable ?)

On ne peut faire peser sur les entreprises de plus en plus d’obligations (notamment celle fondamentale de l’obligation de résultat quant à la santé des salariés. Cour de Cassation Soc 28 février 2002 et ses suites) sans leur donner les actions et moyens indispensables.

Tag(s) : #Maladie - inaptitude

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